Les services algériens traquent les espions israéliens

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Préoccupé par les activités du Mossad sur le territoire algérien, le DRS déploie d’importants moyens de contre espionnage

Louise Dimitrakis

L’histoire ressemble à un scénario de film d’espionnage hollywoodien. Mais ce n’est guère une fiction. L’Algérie est en ce moment le théâtre d’une véritable traque des espions étrangers. Les services secrets algériens recherchent activement des réseaux d’espionnage israélien sur tout le territoire.

L’ombre du Mossad en Tunisie

Tout a commencé fin 2016 lorsqu’au niveau des localités frontalières de Tébessa, près de la Tunisie, des drones survolant des sites sensibles algériens ont été repérés à maintes reprises. La Tunisie voisine qui abrite une base de drones américains a été interpellée et les autorités algériennes ont manifesté leur colère.  De leur côté, les officiels de l’ambassade américaine à Alger ont juré que leurs drones surveillent uniquement le territoire libyen. D’ailleurs, un groupe de travail réunit depuis 2015 les services algériens et américains pour étudier les données recueillies par ces drones étant donné que l’Algérie dispose encore d’un relais discret, mais puissant en Libye.

Les américains ont-ils abusé de la confiance de leurs homologues algériens ? Pas vraiment car les dernières recherches des agents du contre-espionnage algérien ont conclu que ces vols sont l’oeuvre de services israéliens qui veulent en savoir un peu plus sur les installations militaires algériennes. Et depuis les nouveaux organismes du DRS sont en état d’alerte. Il faut dire que l’Algérie avait d’ores et déjà mis en garde la Tunisie dés le deuxième semestre 2016 contre l’implantation de réseaux à la solde du Mossad. A l’époque, des renseignements précis récoltés par des agents algériens en poste en Tunisie ont fait état d’une forte activité du Mossad dans ce pays frontalier. Désarmées et inexpérimentées face à ces réseaux sophistiquées, les autorités tunisiennes n’ont pas su réagir jusqu’à l’assassinat du scientifique tunisien Mohamed Zouari (Alzoari) le 15 décembre dans la ville de Sfax. Pour les services algériens, il n’y a pas le moindre doute que cet assassinat porte la signature des réseaux du Mossad dans la mesure où ce scientifique portait une assistance précieuse au Hamas palestinien. Et des activistes palestiniens, l’Algérie en héberge beaucoup. Certains sont mêmes entraînés et soutenus par des académies militaires.

Le Sud à sanctuariser

Mais l’affaire prend une dimension plus alarmante lorsque les services algériens mettent la main sur un réseau étrange à Ghardaïa au sud du pays. Du matériel d’espionnage ainsi que des moyens de communication ultrasophistiqués ont été saisis chez des migrants venus du Libéria. Les sources sécuritaires algériennes crient victoire et annoncent un démantèlement d’un réseau qui travaille pour le compte du Mossad.

Les enquêtes du contre-espionnage algérien ne s’arrêtent pas là. Dans toutes les officines des services, on se met à la traque de celui ou celle qui renseigne le Mossad. L’Algérie qui mène une modernisation massive de ses équipements militaires avec son partenaire russe ne veut pas que ses secrets soient connus et révélés. Mais c’est surtout les enjeux de la sécurité nationale au sud du pays à la frontière avec le Mali et la Libye qui la préoccupent. Et il n’est pas question que le travail clandestin de ses services soient décryptés par des centrales étrangères comme le Mossad.

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